The Monthly Review: Les « stories » du mois de septembre 2026
En bref
Temps forts

Les marchés obligataires restent fébriles
Les marchés des obligations d’État sont restés sous pression. Le rendement de l’emprunt de référence du Trésor américain à 10 ans a repassé la barre des 5 %, dans un contexte de baisse des cours. Les rendements obligataires évoluent en sens inverse des prix des obligations. Les inquiétudes sur les marchés obligataires portent notamment sur l’envolée des déficits publics et sur les besoins de financement considérables liés aux investissements dans l’intelligence artificielle. Le prix du pétrole a de nouveau dépassé 100 dollars américains le baril, alimentant encore les anticipations d’inflation et conduisant les marchés à tabler sur une nouvelle vague de hausses de taux. Les marchés actions sont néanmoins restés bien orientés, soutenus par l’espoir d’une forte croissance des bénéfices, et l’indice Nasdaq a atteint un niveau record.

Les taux repartent à la hausse
Les relèvements de taux décidés par la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon ont constitué une vague coordonnée de resserrement monétaire. Ces mesures interviennent en réponse aux tensions mondiales sur les prix, qui poussent l’inflation au-dessus des objectifs. Alors que les contraintes d’offre font grimper les prix des matières premières, la demande reste solide. Aux États-Unis, par exemple, les indicateurs économiques ont fait état de la plus forte croissance de l’activité depuis cinq ans. Le président de la Fed a réaffirmé son engagement en faveur de la stabilité des prix, tandis que les prix du gazole aux États-Unis dépassaient pour la première fois 6 dollars américains le gallon. Les contrats à terme sur les taux de la Fed évaluaient à près de 70 % la probabilité d’un nouveau relèvement des taux en octobre.

Des signaux contradictoires sur l’IA
Aux États-Unis, des figures de premier plan de l’IA se sont jointes aux mises en garde contre les dangers potentiels liés au rythme de développement de cette nouvelle technologie. Les valeurs mondiales de l’IA ont reculé face aux risques évoqués, alors que les agents d’IA semblaient gagner toujours davantage en autonomie. Jensen Huang, directeur général du fabricant de puces d’IA Nvidia, a accusé les dirigeants du secteur technologique d’alarmisme, tandis que l’administration américaine encourageait ses champions nationaux à conserver leur avance sur leurs concurrents chinois. Parallèlement, le dirigeant de Huawei Technologies a appelé les laboratoires chinois spécialisés dans l’IA à accélérer leurs travaux, et la course à l’IA s’est poursuivie sans relâche.

Les besoins énergétiques de l’IA stimulent la recherche nucléaire
Alors que les préoccupations économiques et environnementales ont ralenti le développement de l’énergie nucléaire à l’échelle mondiale, la Chine se positionne désormais à l’avant-garde du secteur. La forte hausse de la demande d’électricité des centres de données d’IA, particulièrement énergivores, accélère cette tendance. De fait, plus de la moitié des centrales nucléaires actuellement en construction dans le monde se trouvent en Chine. Pékin investit également massivement dans les petits réacteurs modulaires et poursuit ses recherches sur la fusion nucléaire, considérée comme le graal de la production d’énergie. Au-delà de l’essor de l’IA, l’énergie nucléaire s’inscrit dans les ambitions de la Chine en matière de sécurité énergétique, de leadership technologique et de production tournée vers l’exportation, tout en contribuant à ses objectifs de neutralité carbone.
À surveiller

Les Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international se tiendront dans un contexte macroéconomique difficile. Les tensions géopolitiques, les pressions inflationnistes à la hausse et le risque d’une crise de la dette souveraine devraient vraisemblablement dominer les discussions.
Après que l’Union européenne a invité le Canada à devenir le premier membre associé du bloc, le sommet UE-Canada, qui se tiendra à Montréal à la fin du mois d’octobre, mettra en lumière les possibilités d’approfondissement des liens économiques, au risque d’accentuer encore les tensions avec la Maison-Blanche.
À la suite de la récente escalade des hostilités, le président ukrainien semble prêt à participer à des pourparlers trilatéraux. Tous les regards se tourneront vers les Émirats arabes unis, où la Russie, l’Ukraine et les États-Unis engageront des discussions afin de chercher une voie vers la fin du conflit.
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